Affaire Saad Hariri

 Témoignages rares Les guerres cachées contre Daech Arte 2016 11 08 20 50
 

« Un documentaire passionnant qui met parfaitement en perspective les enjeux géopolitiques et religieux de la lutte contre Daech dans tout le Moyen-Orient. Un décryptage extrêmement utile pour comprendre les failles de la coalition, le double-jeu de certaines puissances comme la Turquie ou l’Arabie-Saoudite, et la question délicate mais cruciale de l’après Daech. »

Le plus inquiétant, dans ce grand jeu de culbuto mondial, est, comme le soulignent les divers interlocuteurs de Fritel, que « bombarder sans avoir de programme politique sérieux derrière » est la porte ouverte au chaos. —
Après Daech, naissance d’un État terroriste, Jérôme Fritel a de nouveau enquêté sur les coulisses d’une guerre qui a balayé les frontières tracées depuis un siècle et d’ores et déjà changé le cours de l’histoire. De l’ancien gouverneur de Mossoul, qui dirige aujourd’hui une armée de 4 000 hommes financée et entraînée par les Turcs, au numéro 2 du Hezbollah libanais, bras armé de l’Iran en Syrie, en passant par le dernier ambassadeur américain à Damas, ce documentaire donne la parole aux acteurs de premier plan dans le conflit. Il nous emmène des faubourgs de Mossoul à Dubaï, d’Istanbul à Beyrouth, de Washington à Vienne, pour mieux décrypter les enjeux et les réalités de ces « guerres cachées ».

Le premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé sa démission – resignation surprise, samedi 4 novembre, à la surprise générale, « peut quitter l’Arabie saoudite quand il le souhaite », a dit le ministre saoudien des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse à Ryad. « S’il souhaite partir, cela dépend de lui, c’est à lui de décider, d’évaluer la situation sécuritaire ». « Nous accuser de retenir un ancien Premier ministre est inexact, ce sont des accusations infondées », a-t-il ajouté, précisant que Saad Hariri vivait en Arabie saoudite « en toute liberté ».

Le premier ministre libanais Saad Hariri démissionne et dénonce la « mainmise » de l’Iran

A la tête du pays depuis le mois de janvier, M. Hariri a dit craindre pour sa vie et il a insisté sur la tension croissante avec le Hezbollah et Téhéran.

L. Il a accusé le Hezbollah chiite et son allié iranien de « mainmise » sur le Liban et il a affirmé avoir peur d’être assassiné. M. Hariri a annoncé sa démission depuis l’Arabie saoudite, où il se trouve actuellement et dont il est un protégé, dans un discours retransmis par la chaîne Al-Arabiya :

« L’Iran a une mainmise sur le destin des pays de la région (…). Le Hezbollah est le bras de l’Iran non seulement au Liban mais également dans les autres pays arabes. Ces dernières décennies, le Hezbollah a imposé une situation de fait accompli par la force de ses armes. »

Des partisans du Hezbollah avec des drapeaux montrant l’ayatollah Khomeini et le dirigeant du Hezbollah, Hasan Nasrallah, à Nabatieh, le 4 octobre.

« Accusations sans fondement », selon Téhéran

L’Iran a réagi à cette mise en cause par son ministère des affaires étrangères. Son porte-parole, Bahram Ghassemi, a parlé « d’accusations sans fondement contre l’Iran » dont « la répétition montre que cette démission est un nouveau scénario pour créer des tensions au Liban et dans la région ».

« La subite démission de M. Hariri et son annonce depuis un pays tiers est non seulement regrettable et surprenante mais montre qu’il joue sur un terrain conçu par ceux qui ne veulent pas le bien de la région (…) Avec la fin proche de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] dans certains pays de la région, le temps est venu de (…) réparer les dégâts causés par les terroristes créés par les Etats-Unis et leurs alliés régionaux ».

 

 Hariri « enlevé » politiquement?

Il n’y avait évidemment aucune subtilité dans le choix du lieu et ce que cela signifiait en termes de rôle de l’Saudi Arabia dans la décision.

La démission surprise, couplée avec des reports de répression sur plusieurs ministres et princes dans le royaume, a conduit certains utilisateurs de Twitter à plaisanter sur « l’enlèvement » de Hariri called à « cligner des yeux deux fois si vous voulez que nous vous sauver ».

Hariri peut quitter Ryad « quand il le souhaite » a déclaré aujourd’hui le chef de la diplomatie saoudienne Adel Al Joubeir, dénonçant des accusations « infondées » des autorités libanaises selon lesquelles le premier ministre démissionnaire libanais serait retenu contre son gré à Ryad.

» LIRE AUSSI – Comment le premier ministre libanais Saad Hariri a été piégé chez les Saoud

Wiam Wahhab, un politicien druze pro-Hezbollah, a appelé l’Etat libanais à faire tout son possible pour assurer le « retour en toute sécurité » de Hariri à Beyrouth.

Pour être juste, Hariri a parlé hier de menaces à sa vie et d’un environnement similaire à celui de 2005, dark year où son père a été assassiné déclenchant une série d’assassinats ciblés de politiciens et de journalistes. Il convient de noter que les forces de sécurité intérieure ont denied les informations faisant état d’une tentative d’assassinat contre Hariri avant son départ pour Riyad.

Maintenant, la démission de Hariri pourrait bien être une mesure politique calculée visant à renforcer sa position aux yeux de sa circonscription, comme ayant résisté au Hezbollah.

Mais il y a aussi de très bonnes chances que cette décision fasse partie de la guerre froide qui oppose l’Iran et l’Arabie Saoudite et qui a également traîné au Liban.

Après des années d’introversion, sous Fahd et Abdallah, période durant laquelle le royaume répugnait à user de son pouvoir, la direction saoudienne pêche aujourd’hui par excès de confiance. Elle a tendance à mal lire les dynamiques politiques dans les pays auxquels elle se confronte.

On l’a vu au Yémen, où l’armée saoudienne est enlisée. On le voit depuis le printemps au Qatar : les Saoudiens ont sous-estimé l’ampleur du soutien international dont dispose la famille régnante qatarie, fruit de la politique de rayonnement par le sport, la culture et autres vecteurs, mise en place par Doha depuis vingt ans.

Les Saoudiens ne s’attendaient sûrement pas à ce que la société libanaise réagisse de cette manière. Sans compter la gêne des capitales occidentales. La Russie parle de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU, la France aussi évoque des « initiatives » en lien avec les Nations unies…

Le correspondant à Beyrouth a répondu à vos questions sur la démission surprise du premier ministre libanais, Saad Hariri, protégé de Riyad.

Une guerre froide au Moyen-Orient

Hier à Kalam al-Nass, le premier talk-show politique du Liban, Sabhan a affirmé qu’il n’y avait pas de différence entre le Hezbollah et les autres groupes terroristes. En réponse à la question de l’hôte sur la question de savoir s’il y aura une large coalition internationale antiterroriste contre le Hezbollah, il a dit que les racines du terrorisme se situent dans la seule République islamique d’Iran.

Riyad a officiellement déclaré la guerre au Hezbollah avec al-Sabhan, notant qu’il n’y a pas de place pour une « organisation terroriste » au gouvernement libanais signalant qu’il n’y aura aucune légitimité « sunnite » pour un gouvernement incluant des ministres du Hezbollah à l’avenir.

 

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